mercredi 10 août 2005

Comment on fait les boîtes de conserves industrielles ?

Accueil >> F.A.Q. >>

Voici les aventures illustrées de Kécanne la petite boîte.



Kécanne la petite boîte, est une anodine conserve de haricots rouges. C'est tellement pratique les légumineuses en conserves. On n'a qu'a ouvrir la boîte et splouche !, dans la recette. De plus, c'est écrit dans la recette : "Une boîte de haricots rouges". On a même pas besoin de penser à faire tremper les haricots secs la veille. Quelle bénédiction ! C'est tellement pratique les boîtes, on en fait pour les chats, on en fait pour les chiens, et on en fait aussi pour les consommateurs. Alors splouchons, splouchons, tel des moutons.

Voici la recette pour faire de jolies petites boîtes de haricots rouges.

Tout d'abord, il nous faut de l'acier, beaucoup d'acier

Voici des gros blocs d'acier. On fait l'acier avec du charbon, du minerai de fer, et énormément d'énergie.










On extrait le charbon avec des grosses machines à un endroit.






On extrait le minerai de fer, toujours avec de grosses machines, à un autre endroit.







On néglige les petits dégâts causé par les compagnies minières. Après tout, ça fait rouler l'économie !





Il faut ensuite transporter le minerai de fer et le charbon vers les aciéries. On transporte ces matières brutes en gros bateaux ou encore en interminables caravanes sur des chemins de fer.









Vous avez déjà vu une aciérie ? C'est un endroit où on produit de l'acier en gros blocs.






C'est facile à reconnaître, les aciéries. Ça a de grosses cheminées laides qui vomissent la mort en plein ciel. C'est comme si des petits bouts d'enfer auraient fait irruption en surface.




ll faut maintenant transporter les gros blocs d'acier vers un fabricant de tôle d'acier.










Les fabricants de tôle refondent de nouveau ces gros blocs d'acier,








puis les laminent en tôle.
(on dirait un rouleau de papier-cul dans les bécosses de Lucifer!)








ll faut maintenant transporter la tôle vers les fabricants de boîtes de conserves.







Les fabricants de boîtes de conserves, laminent de nouveau cette tôle, puis les forment et les soudent en boîtes. (oui oui ! on les soude avec du plomb, pourquoi pas ?)





La tôle est finalement transformée en jolies petites boîtes absolument vides. On les a aussi recouvertes de nickel par galvanostégie et on les a souvent chemisé d'une couche de polyéthylène de grade alimentaire à l'intérieur. La grande classe !







Les boîtes absolument vides prennent 400 fois plus d'espace que les blocs d'acier. Il faudra donc 400 fois plus d'espace d'entreposage et de volume de transport pour les acheminer vers les conserveries industrielles.








ll faut maintenant transporter les boîtes de conserves vides vers les conserveries industrielles, dans 400 fois plus de camions. (celui-là reviens vide de la conserverie, c'est pour ça qu'il se relâche un peu)






Les conserveries industrielles fabriquent des boîtes de haricots rouges en triplant leur volume et en leur ajoutant un poids considérable en eau, et trop de sel (peut aussi contenir des sulfites.. et/ou trucmuches).




Une fois remplies de haricots ramollis, d'eau, de sel et de trucmuches, Kékanne et ses cousines seront serties, pour ensuite être stérilisées dans un autoclave industriel. Cet immense tube rempli de boîtes sera injecté de vapeur sous pression. La température va monter plus haut que le point d'ébullition de l'eau et les haricots vont cuire à température élevée à l'intérieur des boîtes de métal, d'où leur saveur distinctive ! (pas étonnant qu'on y ajoute tant de sel...)


Il faut ensuite transporter de nouveau ces boîtes 10 fois plus lourdes dans 3 fois plus de camions. Vroum Vroum!



Ces camions livrent dans des centres de distribution...







...pour finalement les expédier...
(Poutte ! poutte ! )










...aux points de vente au détail.











Les consommateurs transporteront de nouveau la petite boîte chez eux pour manger les haricots mous, gluants, salés et aromatisés d'acier qu'elle contient.






Une fois que le consommateur modèle aura bouffé les haricots rouges en boîte, il sera repu. Une fois la boîte de nouveau absolument vide, elle n'a plus d'intérêt pour le consommateur. Il acheté la boîte pour les haricots, lui, pas pour la boîte. Logique, non ?







70 % des consommateurs la jetteront simplement dans un petit sac de plastique blanc, qu'ils mettrons ensuite dans un gros sac en plastique vert. Le consommateur mâle dominant, ira déposer ces sacs juste devant sa résidence, comme pour marquer son territoire.



Un camion passera chercher tous les résidus de leur surconsommation juste devant leur résidence. On a vraiment pensé à tout !






Ce camion ira porter les sacs verts pleins de boîtes vides, quelque part, loin du regard des consommateurs, car ça pourrait leur couper l'appétit. Faut pas couper l'appétit des consommateurs. C'est pas bon pour l'économie !




À peine 30 % des consommateurs prendront la peine de rincer ces boîtes vides pour les mettre au bac 'vert'.









Le camion des bacs verts passera chercher le contenu des bacs verts pleins de boîtes absolument vides juste devant leur résidence, en suivant exactement la même route que le camion précédant, mais à une autre journée de la semaine.



Pour aller porter ça quelque part, loin du regard du consommateur recycleur qui a bonne conscience, vu qu'il recycle son gaspillage, lui.









Au centre de tri des matières résiduelles les boîtes vides seront triées puis de nouveau traitées par des grosses machines. C'est le reflet d'une de nos petites habitudes qui nous est renvoyée en pleine face, en grosses meules compactes, uniformes, et bien lourdes. Ça ira mieux pour les transporter vers les aciéries, en camion...



En y pensant bien, elles en font du chemin ces petites boîtes...
...et elles s'en tapent des camionneurs...

Quand on compare les haricots rouges en sac et les haricots rouges en boîtes, on s'aperçoit qu'un petit sac de 10 kilos de légumineuses contient environ 46 tasses, soit l'équivalent de 4 caisses de 12 boîtes de conserves, sans l'eau, sans l'acier, sans le transport, et sans ouvre boîte.

Le sac de légumineuses sèches coûte 12 00 $, les boîtes vous coûterons 55 00 $. Hé oui, le gaspillage a son prix ! Mais c'est bon pour l'économie... à se demander l'économie de qui au juste.

Ne vous faites pas d'illusion, chaque boîte vide que vous jetez, ou mettez au bac vert, vous l'avez d'abord payée avant. C'est non seulement votre argent que vous jetez aux poubelles, mais cette planète avec. Vous achetez des déchets sans même savoir comment ils coûtent. Vous consommez plus d'emballage que d'aliment. Après, vous payez encore pour qu'on vous débarrasse de votre propre gaspillage. Le tout en épuisant les ressources de la terre, et en la transformant en dépotoir.

Ne vous faites pas d'illusion, si on continue comme ça, on a aucun avenir. En fait, la plupart des gens ne réalisent pas l'absurdité gigantesque que constitue le simple geste de prendre une boîte de soupe sur une tablette de supermarché. Le saviez-vous avant de lire ces lignes ?

Vous les aimez comment, vos haricots rouges ?

En faisant vos conserves à la maison, vous réutilisez vous-même toujours les mêmes pots, sans qu'aucun transport, ni aucune main d'œuvre externe ne soit impliqué. Tout ce qui aura à être recyclé, c'est les petits couvercles, 30 fois moins lourds qu'une boîte de 750 ml.

Si vous les trouvez si pratiques les haricots rouges en conserves, pourquoi ne pas les faire à la maison ?

1 boîte = 1 tasse de haricots secs.

Y'a pas si longtemps, faire des conserves-maison était à la base de l'économie familiale. On peut maintenant les faire de façon beaucoup plus sécuritaire qu'à l'époque, grâce à l'autoclave domestique. On investit maintenant 150 $ pour 3 kilos d'aluminium. Ça nous évitera de gaspiller des tonnes d'acier, et des centaines de barils de pétrole, pour le reste de notre vie. De plus, l'autoclave vous fera aussi économiser des milliers de dollars par année, en mangeant des aliments plus sains, qui ne goûtent pas la kékanne, quand on en a envie.

Accueil >> F.A.Q. >>