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Garniture de pâté au bœuf britannique Patatapow !
C’est quoi ce Patatapow à la con?
Ça signifie que les patates sont à part. Nos cousin(e)s d’outre atlantique auront peut être du mal à comprendre, mais ici « patates à part », ‘ça fait du sens’, diront certains.
Mais pourquoi les patates sont à part, elles ne sont pas dans le pâté ?
Oui elles seront dans le pâté, mais elles ne prendront pas d’espace dans les bocaux. On les ajoutera cuites et refroidies à l’assemblage du pâté. Après tout, elles n’ajoutent pas vraiment de saveur particulière au contenu du bocal, puis on en a toujours sous la main. Alors pour elles prendrait de la place dans nos précieux bocaux ? Alors ouste, grosse patate !
Puis en ajoutant 150 grammes de cubes de patates à votre litre de garniture de pâté, vous ferez un pâté plus dodu. Je trouvais qu’un seul litre de garniture avec les patates incluses donnait un pâté de 9 pouces (23 cm) plutôt maigrichon, voire, radin. La solution Patatapow les rendent joufflus et souriants, voilà!
C’est une recette assez simple à exécuter. Elle vous fera 7 bocaux d’un litre. Je vous gâche la suprise, il aura un surplus pour un pâté a faire ici et maintenant ! Pas question d’attendre que les pots refroidissent !
Qui dit pâté au boeuf britannique, songe à une Ale foncée ou même une Stout. Je suggère celles élaborées localement pour pas dire la Boréale Rousse ou bien la Boréale Noire, c’est pur malt, sans dextrose, mais allez y à votre glou.
Ingrédients :
(en passant je me suis converti à la balance de cuisine et il était temps !)
1,8 kg de boeuf dans la palette ou la ronde en cubes d’environ 2 cm
950 g d’oignons forts et bien sulfureux (jaunes ou blancs) hachés plutôt grossièrement (1cm au pif)
550 g de jolies rondelles de grosses carottes bien dures
350 g de tranches de branches de céleri avec le maximum de feuilles possible
400 g de petits pois surgelés (ou frais mais pas en conserve)
une petite tête d’ail (environ 40 g), écrapoutie, pelée, troufignonée et tranchée
2 c. à thé de thym séché
1 litre de bonne ale forte (contrairement aux règles du marché, une bière forte est forte en saveur, pas en alcool)
1 litre de bon bouillon de bœuf maison (ou pas, mais du vrai bouillon)
plein de bon beurre bien gras et bien salé, pour la sauteuse (ma meilleure grande sauteuse en inox à fond épais se nomme Nathalie)
autant d’huile insipide que de beurre, pour Nathalie aussi
poivre noir du moulin
Procédure :
On va commencer par caraméliser la viande dans une grande sauteuse à fond épais, avec un gros motton de beurre et autant d’huile pour éviter que le beurre ne brûle. Dorer la viande de tous les cotés en lots, avec sel et poivre au goût, puis réserver dans un grand chaudron en inox à fond épais, que nous nommeront Raymond.
Verser la bière et le bouillon dans une petite casserole, que nous nommeront Carole, qui sera portée à frémissements pendant qu’on besogne la suite.
Re lubrifier Nathalie de la même manière, et y verser les rondelles de carottes. Dès qu’elles seront légèrement colorées, ajouter les oignons et le céleri. Bien remuer le tout pour le colorer légèrement avec sel et poivre au goût. Quand on colore carottes, oignons et céleri dans un corps gras, ça nous produit un parfum unique. C'est la magie de la Mirepoix.
On raconte qu’au18 ième siècle, le Chef de cuisine de Charles Pierre Gaston François de Lévis, ou Duc de Mirepoix, aurait donné à cette base d'assaisonnement le nom de son patron. Tant qu’au Chef, il est tombé dans l’oblivion. Snif ! Appelons-le Chef Raymond (comme le chaudron) Mirepoix.
Vers la fin de la cuisson des parfums de la Mirepoix on ajoute le thym, on remue, et on prolonge un tantinet en remuant.
Débarrasser dans Raymond le grand chaudron.
Vos liquides frémissent ? Y ajouter les petits pois surgelés, ça calmera Carole pour un petit bout, pour la reporter à ébullition.
Bien déglacer le fond de Nathalie de ses précieux sucs, avec une partie de ce précieux liquide.
Tout ira dans Raymond qui se chargera de mijoter le tout dix minutes avant d’empoter. Faire bouillir un peu d’eau en cas qu’il manque de liquide dans vos bocaux. Dans la même Carole qu'on aura pas besoin de rincer.
Remplissez vos bocaux des solides d’abord en laissant 1 pouce sous le goulot en tapotant légèrement le bocal (sur un linge) pour tasser un peu. Compléter en répartissant le liquide dans vos bocaux.
Suivez ces instructions pour la mise en conserves.
Temps de stérilisation des conserves de bouillon à l'autoclave :
Stérilisez 90 minutes pour des pots de 1 litre
A service, il faudra passer le liquide et l’épaissir avec 1 c. à s. de farine.
Si vous avez mis les patates cuites et les solides de votre bocal au frigo, vous pourrez bien les napper hors du feu de cette sauce épaissie tout en refroidissant la sauce. Tout sera prêt pour assembler votre pâté sans noyer la croûte.
En résumé:
on saute dans Nathalie,
on la débarrasse dans Raymond,
on fait frémir Carole,
on en déglace Nathalie,
on verse le tout dans Raymond,
qui aura besoin de mijoter le tout 10 minutes.
Bon appétit !
Que pensez-vous de cette idée des patates à part ?
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